Sow, Diouf, Ndoye et Khadim : Aliou Cissé poussera-t-il ses trentenaires vers...

Sow, Diouf, Ndoye et Khadim : Aliou Cissé poussera-t-il ses trentenaires vers la sortie ?

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L’échec de l’équipe du Sénégal lors de la Coupe du monde en Russie a permis de faire plusieurs constats. Le groupe d’Aliou Cissé est constitué de cadres trentenaires, à l’image de Moussa Sow, Mame Biram Diouf, Khadim Ndiaye et Cheikh Ndoye. Leur avenir semble incertain dans cette sélection en quête d’équilibre pour relever d’autres défis.

A quoi ressemblera l’équipe du Sénégal pour les éliminatoires de la Can 2019 ? Si quelques joueurs s’annoncent incontournables, d’autres risquent de ne pas être de l’aventure. Aliou Cissé qui a moins de trois mois pour digérer « l’élimination précoce » en Russie a un gros chantier à mettre en œuvre. Celui de constituer une nouvelle équipe compétitive qui fera oublier la désillusion lors de la campagne russe. Le sélectionneur national fera-t-il avec ses trentenaires ?

Khadim Ndiaye (33 ans) sous la menace des jeunes
Il a fait ses premiers pas en sélection en 2010 sous les ordres d’Amara Traoré qui était son entraîneur en club (Linguère). Depuis, Khadim Ndiaye a gagné des galons, même si, à un moment donné, il a connu un véritable passage à vide. Ses belles performances avec le Horoya Ac a imposé son choix par Aliou Cissé. Depuis, Khadim Ndiaye est régulièrement appelé en sélection et a même fini par truster la place de n°1 dans la hiérarchie établie par le sélectionneur national. Sans jamais faire l’unanimité. En effet, ses performances ont souvent été critiquées par les supporteurs et autres observateurs qui ne le voyaient pas comme un modèle d’assurance. Lors de la Coupe du monde, Khadim a été préféré à Abdoulaye Diallo et à Alfred Gomis, mais ne s’est pas imposé. Le portier de Horoya n’a pas été un modèle de sérénité et a commis des erreurs qui ont coûté cher à l’équipe. Lors des trois rencontres de groupe, Khadim Ndiaye s’est illustré par ses sorties approximatives et ses mauvaises relances au pied. Contre le Japon, il n’a pu éviter de commettre l’irréparable. Sa bourde sur le deuxième but égalisateur des Samouraïs Bleus a été le tournant de la Coupe du monde sénégalaise. Fébrile sur ses sorties aériennes, il a été l’une des faiblesses du groupe d’Aliou Cissé. Ces récentes performances ont relancé le débat concernant le problème des gardiens en sélection. Menacé par la concurrence et loin d’être favorisé par son âge (33 ans), Khadim Ndiaye ne risque-t-il pas d’être relégué sur le banc, au profit d’Abdoulaye Diallo si ce dernier retrouve bien entendu du temps de jeu avec son club ou d’Alfred Gomis qui avait plus d’une vingtaine de matchs de Serie A dans les jambes avant ce Mondial ?

Cheikh Ndoye (32 ans) un avenir en pointillés
Convoqué en mai 2014 lors d’un match amical contre la Colombie (2-2), le joueur de Birmingham est depuis, appelé par Aliou Cissé. Joueur polyvalent, capable de jouer milieu défensif, milieu relayeur ou en défense, Ndoye qui ne rechigne jamais à la tâche, s’est toujours donné à fond. Même s’il n’a pas souvent été titulaire, ses entrées ont toujours été très remarquées. En Russie, lors de la Coupe du monde,  il n’a disputé que deux bouts de match contre la Pologne (28 minutes) et le Japon (9 minutes) et n’a pu s’exprimer comme à son habitude. Avec ses 32 ans et ses deux buts en 26 sélections, son avenir pourrait aussi s’écrire loin de la tanière qui a besoin de sang neuf.

Mame Biram (30 ans) : Une moyenne d’un but par an
Appelé pour la première fois en sélection en 2009, Mame Biram Diouf fait partie de ces joueurs dont l’avenir sous le maillot national est loin d’être garantie. Déjà, sa présence sur la liste des 23 joueurs devant disputer la Coupe du monde avait été fortement décriée, car l’attaquant de Stoke City souffrant d’une étonnante irrégularité et nageant en plein doute, n’avait jamais réussi à s’imposer en équipe nationale. Ni à marquer les esprits. Les statistiques de « Diégo » qui a inscrit son premier but en sélection en août 2010 face au Cap-Vert ne sont guère fameuses. Souvent appelé par Cissé, il n’a plus marqué depuis le 4 juin 2016 contre le Burundi en éliminatoires de la Can 2017, soit un mutisme de deux années. Pour voir les buts de l’attaquant de Stoke City en sélection, il faut remonter à 2015. Diouf s’était illustré contre le Burkina Faso, lors de la double confrontation contre le Madagascar et contre le Rwanda en amical. Depuis, plus rien. Ce qui fait un maigre total de cinq buts en trois ans. Lors de la Coupe du monde, ses détracteurs ont eu raison sur Aliou Cissé puisque Mame Biram Diouf n’y a rien réussi. Titularisé en attaque aux côtés de Mbaye Niang contre la Pologne, Mame Biram a été transparent, incapable de créer le danger. Entré en cours de jeu face au Japon, il a été inutile et n’a rien apporté. Diouf a été le plus grand flop en attaque, terminant la compétition avec un zéro pointé. Son bilan en équipe nationale est des plus maigres. Il n’a inscrit que 10 buts en 48 sélections, soit une moyenne d’un but par an depuis 2009. Ses statistiques faméliques risquent de plomber son maintien dans cette équipe qui veut réussir une bonne Can en 2019 pour effacer l’échec russe, sans compter la concurrence qui s’annonce rude avec les jeunes attaquants qui frappent aux portes de la sélection. A bientôt 31 ans, on voit mal voit mal Mame Biram Diouf réussir dans l’avenir ce qu’il n’a d’ailleurs jamais pu faire en dix ans de présence en sélection.

Moussa Sow (32 ans), l’heure de la retraite ?
En Russie, il n’a pas connu l’engouement ni les émotions que procurent les rencontres d’un Mondial, mais Moussa Sow peut être fier d’avoir fait partie des 23 Lions appelés pour défendre les couleurs du Sénégal. Depuis une décennie, l’ancien meilleur buteur de la Ligue 1 française avec Lille en 2011 (25 buts) a tout donné à l’équipe nationale.

Depuis qu’il est international, il a porté le maillot sénégalais à 46 reprises et a marqué pas moins de 16 buts ; ce qui fait de lui  le meilleur buteur sénégalais en activité. Après une dizaine d’années passées avec la sélection nationale,  l’attaquant de Bursaspor risque de ne plus faire partie des plans du sélectionneur. Si, à 32 ans, Moussa Sow, un des rares joueurs sénégalais ayant marqué dans trois Coupes d’Afrique des nations différentes (2013, 2015 et 2017) décidait lui-même de prendre sa retraite internationale, cela ne surprendrait personne.

Le Soleil

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