Kalidou Koulibaly: « Pourquoi j’ai choisi le Sénégal »

Kalidou Koulibaly: « Pourquoi j’ai choisi le Sénégal »

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Dans un entretien avec Sofoot, le défenseur des Lions du Sénégal explique son choix de porter les couleurs nationales. Sa référence à son poste, sa relation, avec Kara Mbodj, le coup de fil de Benitez, le racisme, Kalidou Koulibaly dit tout.

À l’époque, tu fais la paire avec Kara Mbodj, soit la charnière titulaire du Sénégal lors du prochain Mondial.
Quand j’allais chez lui, il n’arrêtait pas de me parler de la sélection sénégalaise, il commençait déjà à me travailler au mental (rires). Je lui disais qu’il fallait que j’attende encore parce que j’avais fait la coupe du monde avec les U20 français quand j’étais à Metz. J’espérais une sélection avec les Bleus Espoirs, mais on ne m’a jamais appelé. Quand Kara partait en sélection et que je restais tout seul au club, c’était pesant. Ça a commencé à me trotter dans la tête.

L’arrivée de Sarri coïncide avec ton choix de répondre favorablement à l’appel du Sénégal. Tu as donc fini par écouter Kara Mbodj. Pourquoi ? Cela n’a pas été facile. J’ai consulté tout le monde, ma femme, mes parents, mes frères et sœurs. Ma famille était divisée, mon agent me conseillait d’attendre. Aliou Cissé m’appelait et me répétait qu’il me voulait. J’avais 24-25 ans et l’envie de jouer en équipe nationale. Avec les Bleus, ce n’est jamais allé plus loin que la présélection. Inconsciemment, c’est ma femme qui m’a fait choisir en me disant que cela rendrait fiers mes parents. Et effectivement, ils avaient des étoiles dans les yeux. Moi, je me sens français, mais je suis aussi sénégalais. À la maison, on parlait le peul. Et puis quand on ouvrait la porte, qu’on sortait, hop!, on se mettait en mode français.


Six mois plus tard, Didier Deschamps parlait de toi au CFC. As-tu des regrets depuis ?  Super Kamagra for sale, order dapoxetine. Aucun. J’ai grandi avec les deux cultures. Mes parents viennent d’un petit village à côté de Matam. Quand j’y allais plus jeune en vacances, ils me disaient: « T’es le petit Français. » Et quand tu reviens en France, t’es sénégalais. Tout le monde te rappelle tout le temps d’où tu viens. Moi, je suis heureux de représenter le Sénégal. Je veux maintenant rendre les Sénégalais encore dix fois plus fiers que les Napolitains.

Comment tu juges le Sénégal à l’orée de ce Mondial ? Même si on est davantage outsiders, notre groupe est homogène. La Pologne, la Colombie sont des équipes habituées de la coupe du monde, le Japon y a aussi davantage participé que nous. Il faut être humble et commencer par passer le groupe. Après, on verra. Sur des matchs à élimination directe, il peut tout se passer. Aux éliminatoires et à la CAN, notre style de jeu fonctionnait bien: presser haut, récupérer le ballon et, quand on l’a, essayer de vite trouver les attaquants. Sadio est un joueur d’instinct. Ce qui est bien avec lui, c’est qu’il ne calcule rien. C’est un gars qui écoute aussi, c’est ça qui fait sa force. De Metz à aujourd’hui, il a énormément progressé. J’espère qu’il aura le Ballon d’or africain après la coupe du monde car il le mérite.

Il te passe à l’entraînement ou pas ? Jamais (rires). Non mais on n’a pas souvent l’occasion de jouer l’un contre l’autre. On verra pendant le stage.

Pour finir, une question sur tes souvenirs de Coupe du monde. Quand as-tu vibré le plus, en 1998 ou en 2002 ? Oh là là, horrible, cette question (rires). J’étais plus jeune en 98, j’avais 7 ans. J’ai fêté de fou, bien entendu, la France black-blanc-beur, les deux coups de tête de Zidane, mais en 2002, je t’avoue que j’étais vraiment sénégalais. On a regardé le match à l’école, et quand on a gagné, je suis sorti en bombant le torse. Après, il y a un match de poule et l’autre une finale. Ce n’est pas la même chose. Mais aujourd’hui, en tant que Sénégalais, je me dois de choisir la seconde option.

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