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Le milieu sénégalais, réputé pour son jeu défensif très physique, n’hésite plus désormais à passer à l’offensive.

On n’avait jamais autant vu le visage de Serigne Fallou Mbacké. Depuis huit ans, maintenant, Moustapha Diallo exhibe sur un tee-shirt, porté sous son maillot, le portrait de ce calife des mourides (confrérie soufie), à chaque fois qu’il marque. Son « guide spirituel », dixit l’international sénégalais, a eu l’honneur des caméras à trois reprises lors de ses quatre derniers matches avec Guingamp, deux fois déjà cette saison.

Le longiligne milieu (1,92 m, 78 kg) de trente et un ans serait-il sur le point de changer son image, celle d’un joueur frustre techniquement, plus habitué à la commission de discipline (*) qu’au classement des buteurs ? « Je progresse chaque année depuis que je suis arrivé à Guingamp, en 2009, concède l’intéressé, pourtant diminué par des douleurs récurrentes à la cheville droite. Dès le départ, le coach Gourvennec ne m’a pas lâché me disant qu’il n’y avait pas d’âge pour s’améliorer. Oui, je suis dur sur l’homme, c’est la base de mon jeu. Mais j’ai compris que je devais aussi me canaliser. Je prenais trop de cartons, bêtement, car je voulais trop bien faire. »

Depuis l’arrivée d’Antoine Kombouaré, il y a un an, Diallo se distingue désormais dans un autre domaine, son réalisme offensif. « Le coach m’a insufflé une nouvelle mentalité, reconnaît-il. Il m’a dit que je ne devais pas seulement récupérer mais me projeter jusque dans la surface adverse. Car le jeu de tête est mon point fort. C’est aussi plus facile car on ne joue plus systématiquement en 4-4-2. Je suis souvent positionné plus haut. »

Après son but contre Strasbourg (2-0), le 27 août, Lebogang Phiri jugeait, avec le sourire, leur nouvelle complémentarité au milieu : « On veut qu’il soit dans la surface car, quand il y est, il marque tout le temps ! Pour moi, pas de problème, je fais le sale boulot. » Son entraîneur l’estime « fort dans le combat et très efficace » : « Ce n’est pas quelqu’un qui va dribbler. Il a un jeu assez simple à lire. » Paradoxalement, ses adversaires peinent à trouver la grille de lecture.

Source : L’Équipe

(*) Diallo a récolté 8 cartons jaunes et 1 rouge, en L 1, la saison passée. Aucun, cette saison.

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